Compte–rendu de  la conférence du 12 juin 06


Extrait de la présentation : Né au pied des Himalayas, d’une mère hindoue traditionaliste et d’un père adepte du christianisme, Swami Chetan a appris très vite le dépassement des dogmes pour aller à la recherche de l’essence. Après des années de ‘physique’ pour ses études et de ‘métaphysique’ pour sa quête personnelle, il s’est arrêté auprès d’un maître nommé Sachcha (conscience), partenaire spirituel et ami de Sri Aurobindo et de Krishnamurti. Il appartient à la ligné des maîtres agissant par la grâce efficace qui passe par la personne et non par les rituels. Sa voie est celle de l’expérience et non des dogmes. Sa facilité de contact, son humour, sa simplicité le rendent tout de suite abordable et procurent très vite le sentiment de le connaître depuis toujours. (…) Sans faire de morale, sans contrainte, sans discipline imposée, il nous mène à expérimenter notre propre chemin en toute liberté. Pour reprendre un mot du vocabulaire internet, on pourrait dire de Swami Chetan qu’il est un ‘moteur de recherche’ : demandez et vous recevrez, mais ce sera toujours à vous de choisir !


Quel est le plus grand pouvoir sur cette planète  ? demande Swami Chetan en préambule. La séduction, répond–il. Il s’agit d’un programme très profondément inscrit dans notre conscience. Mais elle ne concerne pas le corps uniquement, seulement en partie.

Le but de la séduction est orienté vers la possession, parce qu’elle correspond à une recherche de sécurité. Pour mieux comprendre d’abord les exigences du corps, Swami Chetan se réfère à la philosophie hindoue, selon laquelle le corps est composé de cinq éléments : la terre (qui est sa structure), le feu, l’air, l’éther et surtout l’eau, qui constitue les 90 % du corps, donc son élément dominant, et le domaine symbolique des émotions. « Plus nous sommes dominés par l’élément eau, plus le corps est émotionnel ». Ainsi l’être humain est un être avant tout émotionnel.

Des pulsions fondamentales rendent le corps esclave de ses désirs. Il existe cinq pulsions primordiales :
1. la pulsion sexuelle est la toute première, « le premier miracle de cette énergie par laquelle nous sommes nés »,
2. l’agression est impulsion naturelle liée à un déséquilibre de la pulsion sexuelle,
3. la domination : c’est ce qu’on cherche dans les relations avec les autres, dans toutes leurs formes,
4. le désir de possession : car « tout ce qui est beau, on veut le garder »,
5. le besoin de reconnaissance, au sens d’être reconnu, la recherche d’une identité.

La pulsion sexuelle est là pour nous rassurer que nous existons, ainsi « le sexe est né dans la matrice de la peur ». Le déséquilibre des pulsions est la source de confusions, de frustrations et d’insatisfaction provenant du mental.

L’art du yoga spirituel vise à transformer ces pulsions en énergie créatrive, et cette énergie ne peut être que sacrée. Il existe forcément un but suprême : quand le sexe devient amour – quand la séduction devient totale. Krishna était un grand séducteur, mais de quelle sorte de séduction s’agit–il ? Le corps n’est pas seulement chair mais énergie vivante.

Ce que nous voulons tous, c’est trouver un contact qui donne la paix intérieure – la simple séduction du corps n’étant qu’un point de départ. Le corps n’a pas besoin d’imagination mais d’amour, de paix, de douceur, d’harmonie. La séduction ne sera alors pas seulement un jeu de l’esprit mais un art spirituel où le corps va révéler son potentiel d’énergie, devenir un corps sacré.

Notre but sera ainsi de trouver paix et amour dans et par le corps. Mais le corps veut une expérience directe, sans intermédiaire, par implication, tandis que l’esprit a besoin du langage, de l’ordre de l’explication, de la déduction, de l’analyse. C’est pourquoi c’est le corps qui  doit connaître l’illumination, et non l’esprit. Cette illumination qui est une fusion de l’âme et du corps dans une extase, un orgasme complet.

Si la séduction apporte un élément de paix, c’est le début de la vie spirituelle. L’esprit peut être très (trop) éduqué alors que le corps souffre ; être heureux, c’est pour le corps la première et dernière demande ; son but est d’explorer cette énergie du bonheur.

Mais en Occident, on ne comprend l’apprentissage que par une approche rationnelle. Toutes les approches intellectuelles apportent des tensions. Pourtant le miel est dans la bouche et le visage le dit… il en va de même quand la spiritualité s’installe dans le corps.

Alors comment réaliser ce nouvel ‘investissement’ dans le corps ? Chacun doit trouver sa réponse. Je dois aller vers quelque chose qui va me donner une danse intérieure. Toute ma vie j’ai été un grand rebelle et j’en suis arrivé à la conclusion que tant qu’on ne peut pas investir ainsi, le corps ne sera pas heureux.

Je respecte la beauté du corps, le sourire du corps ; quelle que soit la religion, ce n’est pas un problème. Nous avons besoin d’un support corporel de représentation de la présence (Jésus, Bouddha…) et de même, la communication entre maître et élève passe au niveau du corps.
Ma religion c’est celle du corps, pour trouver le bonheur des corps sans interférence du mental. Energie qui a été gaspillée et que je vous propose de restaurer, qui est une énergie de l’amour, quelle que soit la situation.

La question pour chacun sera : comment je peux trouver mon bonheur, pour ne plus être dépendant. Comment transformer le sexe en amour, l’agression en tolérance, la possession en non attachement. Est–ce qu’il y a paix, amour, harmonie dans mon corps ? Et comment le savoir ? Quand on a goûté le miel, on en connaît le goût ; quand il y a un besoin, il y a une réponse.

L’amour ne peut pas être possédé, c’est quelque chose à partager. Plus on en donne, plus on devient un océan d’amour. C’est un processus de filtration que nous allons effectuer pour ne garder que amour, légèreté, vide, afin de trouver le contact en nous pour laisser l’amour couler librement.

La spiritualité n’est pas une fin en soi mais un moyen ; nous avons cette énergie, il reste à l’enflammer. Cela aura lieu en s’en remettant totalement à une relation de l’intérieur. Chacun a le droit de devenir un être spirituel.