enfant

On rêve de miracles quand on est petit, on veut que toute la méchanceté disparaisse, que tout soit toujours lumineux, beau, heureux, on aime les histoires qui finissent bien. C’est là–dessus qu’il faut s’appuyer. Quand le corps sent ses misères, ses limites, il faut y établir ce rêve d’une force qui n’aurait pas de limite, d’une beauté qui n’aurait pas de laideur, et de capacités merveilleuses : on rêve de pouvoir s’élever en l’air, d’être partout là où c’est nécessaire, de rétablir l’ordre quand les choses vont mal, de guérir les malades ; enfin, on a toutes sortes de rêves quand on est petit…

Généralement, les parents et les éducateurs passent leur temps à jeter de l’eau froide là–dessus, en vous disant : « Oh ! ça, c’est un rêve, ce n’est pas une réalité. » C’est juste le contraire qu’il faudrait faire ! Il faudrait apprendre aux enfants : « Oui, c’est ça qu’il faut que tu essaies de réaliser, et non seulement c’est possible, mais c’est sûr si tu entres en rapport avec ce qui, en toi, est capable de cette chose. Il faut que ce soit ça qui dirige ta vie, qui l’organise, qui te fasse te développer dans le sens du vrai réel, que le monde ordinaire appelle illusion. »

Il faudrait faire cela, au lieu de rendre les enfants ordinaires, avec ce bon sens plat, vulgaire, qui devient une habitude invétérée et qui fait que quand quelque chose va bien, immédiatement dans l’être il y a l’idée : « Oh ! ça ne va pas durer ! », quand quelqu’un est gentil, l’impression : « Oh ! ça  va changer ! », quand on est capable de faire quelque chose : « Oh ! demain, je ne pourrai pas le faire si bien. » C’est cela qui est comme un acide, un acide destructif dans l’être, qui enlève l’espoir, la certitude, la confiance dans la possibilité future.

Quand un enfant est plein d’enthousiasme, ne jetez jamais de l’eau froide là–dessus, ne dites jamais : « Tu sais, ce n’est pas comme ça la vie ! » Il faudrait toujours l’encourager, lui dire : « Oui, maintenant les choses ne sont pas toujours comme cela, il y a une beauté qui essaie de se réaliser. C'est cela qu’il faut que tu aimes, que tu attires ; c’est cela dont il faut faire le sujet de tes rêves, de tes ambitions. »

Transmis par Marie–Christine Poinsard