William Blake est une de ces personnalités flamboyantes qui maîtrisent également bien des formes d’expression aussi différentes que la poésie et la peinture.

Né à Londres en 1757, dès l'enfance, il montre d'étonnantes dispositions pour le dessin et la poésie. Il est envoyé à dix ans dans une école de dessin, où il compose ses premiers poèmes. Devenu élève du graveur James Basire, il est chargé de dessiner les antiquités de l'abbaye de Westminster et des autres vieux édifices, milieux qui ne manquent pas d'exercer une vive influence sur son imagination mélancolique. Il grave de nombreuses illustrations pour livres d'après Stothard et d'après ses propres dessins. Marié en 1783 (il apprendra à sa femme Catherine à lire, à écrire et à enluminer ses gravures), il songe à rendre par la plume et le crayon les visions qui hantent son cerveau. Un premier opuscule, Esquisses poétiques (1783), contient ses poésies composées entre sa douzième et sa vingtième année. Trop pauvre pour faire face aux frais d'impression de ses œuvres, il se fait son propre éditeur et imagine d'y appliquer son écriture mise en relief par la morsure sur des plaques de cuivre. Il publie ainsi ses Chants de l’Innocence, ornés de ses dessins (1789), œuvre singulière, qui a du succès, ce qui l'encourage à donner successivement, sous la même forme, plusieurs autres ouvrages dont les Portes du Paradis. En même temps, il expose, à plusieurs expositions de l'Académie royale, des peintures allégoriques, historiques et religieuses. Il publie en 1790 le Mariage du Ciel et de l’Enfer, satire de Swedenborg. Il ne cesse de composer, d'illustrer et d'imprimer des poèmes étranges, empreints d'un mysticisme obscur. Blake meurt en 1827 en laissant un travail inachevé, des illustrations pour

la Divine Comédie

de Dante.(d’après Wikipedia)

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William Blake : The Great Red Dragon and the Woman Clothed with the Sun, vers 1805. Rosenwald Collection, National Gallery of Art, Washington DC, USA

« Le temps a rendu justice à celui qui, longtemps considéré comme un fou, fut l’immense poète, graveur et visionnaire que l’on sait, – éternel enfant, éternel "primitif" que son ardeur imaginative, son lyrisme, sa violence condamnèrent à n’avoir de renommée que posthume », indique l’éditeur de certains de ses livres en français, José Corti.

« Autodidacte, il dénonce la raison tyrannique des philosophes, s’enflamme pour la révolution. Ses admirations sont aussi significatives que ses refus. Il préfigure quelques-unes des lignes de force du romantisme et goûte certains de ses grands intercesseurs, Swedenborg, Shakespeare, Dürer. Une vie intérieure puissante, une simplicité mystérieuse et désarmante guide son bras.

« Dans Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, il proclame l’unité humaine, attaque la prudence et le calcul au nom de l’épanouissement de l’être réconciliant désir, sagesse et raison. L’amour comme la haine étant nécessaires à la vie, c’est le choc des contraires qui provoque le surgissement de la force créatrice et la progression de l’être individuel. Il oppose ainsi la raison à la vision intuitive, à laquelle va sa préférence.»

"L’astre Blake étincelle dans cette reculée région du ciel où brille aussi l’astre Lautréamont. Lucifer radieux, ses rayons revêtent d’un éclat insolite les corps misérables et glorieux de l’homme et de la femme." (André Gide).