ArbreCette histoire ne m'appartient pas mais suite à l'article sur les arbres de Marie Emilia Vannier, je ne puis m'empêcher de la rapporter.

En août dernier, un de mes amis effectuait une retraite en Ardèche. Le matin, exercices de communion avec la nature, travail de respiration,  méditation etc... L'après-midi, « application » de ce qui avait été travaillé le matin. Ors, un matin, après avoir suivi un « enseignement » sur nos frères les arbres,  les participants reçurent la consigne suivante: l'après-midi lors de leur promenade dans le domaine, ils devraient se choisir un arbre, s’asseoir à ses côtés et lui parler, lui confier leurs peurs, leurs malheurs, leur tristesse, leurs espoirs puis établir un contact physique avec leur arbre et chanter. Ce que fit mon ami. Il choisit un arbre, lequel n'ayant pas poussé droit se penchait au-dessus du sol et offrait ainsi son tronc à qui voulait s'y reposer. Havre de paix offert par Dame Nature. Mon ami s'assit donc à ses côtés, l'esprit obscurci par ses soucis, par ses souffrances du moment, en proie même à une véritable  révolte contre les épreuves qui l'accablaient depuis quelques temps. Il se demanda ce qu'il « faisait là », éprouvant   une espèce de sentiment de « ridicule » devant le spectacle qu'il offrait: un « pauvre » humain en plein désarroi, attendant il ne savait quoi... d'un arbre! Et c'est alors que le miracle se produisit. Lâchant prise il fondit en larmes,  et appuyant son front contre l'écorce rugueuse il se mit à lui parler, à lui raconter les épreuves qu'il venait de traverser, à lui confier son désespoir, son indignation, ses « pourquoi » et ses « comment ». Il avait passé un bras autour de son tronc comme on entoure les épaules d' un ami , tout naturellement, sans s'en rendre compte quand il « sentit » que l' arbre l'écoutait! Des fourmillements dans son corps, dans ses membres lui donnèrent l'impression qu'il lui « répondait »! Il parlait avec un arbre!!! Mais il n'était pas au bout de ses surprises!  Emerveillé par ce qu'il était en train de vivre, habité par cette harmonie qui les unissait , il se sentait en accord complet avec ce maître des forêts.   Après lui en avoir demandé la permission, il l'entoura de ses bras et collé à son tronc, lui demanda de l'aider, de lui ôter cette souffrance qui l'habitait.  Il ressentit alors comme une aspiration au niveau de son plexus solaire, aspiration suivie d'un intense soulagement, d'un sentiment de libération et il se mit à chanter... NON!  Ils se mirent à chanter! Cela peut sembler difficile à croire, fou, mais lui ne l'est pas, croyez-moi. Je le connais depuis quinze ans et je sais  qu'il n'a rien inventé. Bien entendu (et je choisis mon verbe...), ce n'était en rien pareil à du Pavarotti; il s'agissait  d'un chant intérieur, d'une espèce de  communication voire de communion entre deux êtres unis sur un même plan vibratoire, en train de vivre un échange d'une rare intensité.

Après avoir remercié cet ami « branché », mon ami bouleversé, profondément ému s'en fut rejoindre le reste du groupe non sans avoir auparavant consacré  un moment à recouvrer ses esprits.

Françoise Despons Clément. Cet article figure dans le dernier numéro de la lettre trimestrielle « Echanges »

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