Vole au vent

 

J’ouvre la porte, mais ils n’entrent pas. Ils passent simplement, indifférents, sans me regarder, ni m’écouter. Ils avancent, absorbés par leurs pensées, par je ne sais quel but atteindre. Ils en oublient l’essentiel : les fleurs des champs sur le chemin, les buissons qui courent dans la prairie, les odeurs qui s’élancent vers le ciel. Ils sont dans l’illusion et moi je veux leur offrir un peu de vérité. J’attends tranquillement sur le pas de la porte, prête à les accueillir. Je suis patiente.

Je suis l’âme invisible éternelle et frémissante. La vie ne compte pas pour moi. Immortelle, je traverse les époques, les millénaires. Ils sont petits et tous seuls. Je leur offre une connexion à l’univers, l’accès à une compréhension cosmique. Vont-ils un jour me regarder, vont ils tenter de me parler?

 

Daniel