La nuit, à moitié endormi au fond de mon lit, quand le vent vient de l’ouest, j’entends les trains qui traversent à toute vitesse la gare proche de chez moi. Ils s’enfoncent dans l’obscurité emmenant les voyageurs vers leur destin. Ou vont-ils ? En vacances, chez des amis, à un enterrement ou un mariage ou bien tout simplement travailler ? Chacun suit sa route dans ses trains en partance vers l’inconnu.

A chaque fois qu’un train déchire ainsi la nuit, me reviennent des souvenirs d’enfance lorsque je partais en vacances avec ma mère. Nous n’avions pas de voiture et prenions le train à la gare d’Austerlitz pour aller au fin fond du Limousin, dans un petit village où vivait mon arrière grand-mère, une femme pieuse et austère qui habitait une grande maison. Nous prenions le train qui nous emmenait à Limoges et là nous attendait un vieux tortillard à vapeur qui nous transportait à destination.

C’est dans ce train que, pour moi, l’aventure commençait. La machine à vapeur crachotait de gros nuages de fumée et nous montions dans des vieux wagons en bois tout vert comme on en voit dans les films qui relatent la guerre de quarante. Juste avant l’arrivée le train franchissait un pont qui enjambait la rivière « Le Taurion », un pont qui me paraissait gigantesque et me procurait de grandes frayeurs.

Nous arrivions en fin à bon port et mon arrière-grand-mère, habillée tout de noir, nous attendait avec une brouette pour porter nos deux lourdes valises.

C’était toute une époque. «  On prenait le temps », toute une journée, en partant tôt le matin. Maintenant tout va plus vite : Paris Limoges : 3 heures d’autoroute. Le temps s’accélère car les moyens de communication, en tout genre, se sont développés.

Voilà à quoi je pense de temps en temps, blotti au fond de mon lit.

Daniel

train

J'ai retrouvé sur Google la ligne de chemin de fer que j'empruntais quand j'étais petit. Elle est devenue un circuit touristique en train à vapeur, très prisée dans la Haute Vienne.