10 novembre 2009
L'Amour avec un grand A
Mon texte « Les amoureux sont seuls au monde » a suscité pas mal de commentaires sur l’amour : amour absolu, amour désenchanté, romantisme ou réalisme. Les uns y croient, d’autres non.
J’en suis toujours à me demander ce qu’est l’amour, une illusion ou un sentiment profond. Je pense que souvent on confond attirance physique et amour et que bien des complications viennent de cette confusion. Je pense aussi que le temps transforme beaucoup nos ressentis : la passion d’abord, puis les habitudes, les ruptures ou au mieux la tendresse.
Je suis marié depuis plus de quarante ans. J’aime toujours ma femme mais plus comme avant. A l’amour passion a succédé l’amour tendresse. C’est doux et agréable, plein de complicité et de compréhension. Les heurts se sont effacés. Je n’ai pas toujours été fidèle, ma femme non plus, mais nous sommes toujours à vivre ensemble et je ne souhaite jamais la quitter.
Avec le recul, j‘ai appris que vivre à deux était une sacrée école de vie : faire des concessions, respecter l’autre avec ses qualités et ses défauts, l’accepter, le comprendre, lui pardonner. On puise plein de leçons dans la vie de couple. J’ai appris aussi que vivre à deux, c’est aussi vivre seul et que nous ne connaissons jamais complètement notre conjoint. Il y a toujours des surprises à attendre.
Daniel
02 novembre 2009
L'envol
C'était jeudi en fin d'après midi, la nuit commençait à tomber et j'étais tranquillement entrain de préparer le repas quand mon mari me fit remarquer qu'un petit oiseau n'arrêtait pas de virevolter devant la baie comme s'il ne savait pas ou aller. Malheureusement pour lui il volait trop bas et mon chat qui l'avait repéré ne fit qu'un bond pour le prendre dans sa gueule. Nous avons été aussi surpris que l'oiseau et nous fonçâmes ouvrir la gueule du chat pour le libérer.
Trop souffrant pour de nouveau s'envoler, nous l'avons installé dans une petite boite bien confortable, il avait un côté de son petit corps paralisé et durant deux jours nous avons essayé de prendre soin de lui. Il arrivait un peu à boire au goute à goute mais pas à manger, nous savions qu'il allait mourir.
Hier me retirant un moment pour méditer dans ma chambre, au cours de la pratique, un oiseau tout en transparence apparut devant moi en train de voler sur place, il avait l'air heureux et serein. C'était bien sur le petit oiseau..... Ma pratique fini, je revins dans la cuisine, le petit corps était sans vie mais aucune tristesse ne m'a envahi, ce quelquechose d'absolue était présent ou l'inquiétude n'a plus lieu d'être.
Isabelle( Ephémère)
29 octobre 2009
Une bouteille à la mer
Vous venez de cliquer sur l’adresse de mon blog et vous voici devant mon texte. Peut être, êtes vous un lecteur assidu ou au contraire y venez vous pour la première fois. Vous lisez ce texte avec indifférence ou intérêt. Je me demande toujours « Mais qui êtes vous ?
Nous sommes chacun d’un côté de l’écran et nous ne nous connaissons pas. Je suis face à mon ordinateur, écris un texte et le diffuse. Qui le lit ? qui le rejette ou qui est intéressé. C’est comme une bouteille à la mer que l’on jette dans l’océan. Qui va bien pouvoir la recueillir ? C’est ce qu’on appelle de la communication virtuelle, la communication d’aujourd’hui qui se développe de plus en plus, un peu frustrante à mon gré.
Toutefois cette communication est également intéressante car elle permet aussi de raconter des choses que nous n’oserions pas du tout raconter en face à face. Le virtuel peut pousser à la confidence !! En tout cas elle me permet de beaucoup m’exprimer et crée des réseaux d’échanges et de partage. C’est en quelque sorte le maillon d’une chaîne humaine dont je constate l’impact de plus en plus grand chaque jour.
Cette idée me plaît bien car dans le monde actuel il est important de se rapprocher, de s’unir autour de certaines valeurs plutôt que d’entrer en conflit et de se battre.
Alors rêvons un peu. Oui parfois je rêve de réunir les quelques 150 personnes qui lisent mon blog assidument pour faire connaissance et faire une petite fête. Douce utopie car je sais bien que cela est impossible……
Daniel
27 septembre 2009
Mu Ye Wu
La Rochelle, dimanche 20 septembre : journée du Patrimoine. La ville est noire de monde d’autant que ce jour là plusieurs festivals ont lieu. Une pluie charentaise bien drue se met à tomber sur la ville. Les parapluies poussent comme des champignons sur le vieux port. Nous rentrons dans l’église St Sauveur, située juste face aux deux tours qui protègent le port. A chaque fois que je me rends dans une ville, un lieu nouveau, je vais visiter l’église. J’aime bien humer l’ambiance et me recueillir quelques instants. Souvent d‘ailleurs il m’arrive quelque chose d’inattendu. Ce fut le cas à l’église St Sauveur.
Dès le parvis franchi, nous entendons s’égrener sous la voute des notes de piano. Au pied de l’autel un piano est installé et un jeune homme, d’origine asiatique, joue des morceaux de musique. Nous nous asseyons et restons trois quart d’heure à l’écouter. Ce fut un bon moment. Le jeune homme jouait merveilleusement bien, un virtuose…. Je regardais ses doigts courir sur le piano, caresser les notes, s’arrêter un instant et repartir. Je pense qu’il jouait du Debussy et du Ravel. Je sentais intuitivement que c’était un grand concertiste. Plusieurs personnes se sont assises pour l’écouter. Il se dégageait de cette scène une émotion intense. La musique était à la fois douce et un peu plus violente, rapide et puis plus lente. Le jeune homme vivait intensément ce qu’il jouait. Fasciné je regardais ses mains. Elles étaient souples, déliées et ses doigts étaient d’une agilité remarquable. Au bout de trois quart d’heure, le jeune homme s’éclipsa discrètement.
Piqué par la curiosité je me renseignais et découvris qu’il s’agissait d’un concertiste de renommée internationale : Mu Ye Wu, un jeune chinois, âgé de 24 ans. Il donnait le soir même dans l’église un concert et avait répété une bonne partie de l’après-midi dans l’église.
Ce jour là j’ai vraiment ressenti ce qu’était un virtuose. Il maîtrisait tellement sa technique qu’il pouvait exprimer pleinement ses émotions.
Nous avons tous en nous des capacités que nous ne soupçonnons pas toujours. Il suffit de travailler et de croire en soi. Vaste programme !!
Daniel
Né en 1985 à Henan (Chine), Mu-Ye Wu fait ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Pékin dont il sort diplômé en 2000. Il s’installe à Paris en 2000 et intègre le CNSM de Paris dans la classe de Jacques Rouvier l’année suivante. Il reçoit son prix en 2004 et parallèlement poursuit ses études de musicologie à la Sorbonne. Il participe à de nombreux concours (Hong-Kong, Chine, Allemagne, Paris, Italie) où il gagne les 1ers et 2es prix.
PS: la photo n'est pas terrible mais j'ai fait ce que j'ai pu !!
25 septembre 2009
Vive le vent
Vive le vent qui passe. Il caresse les herbes folles et les blés murs, pousse les nuages dans le ciel et fait frissonner l’eau des lacs. Il claque les volets et gémit à travers les branches des arbres. Vive le vent qui balaye les rues et fait trembler les réverbères. C’est un tourbillon qui s’en va, insaisissable et imprévisible comme un cheval fougueux que l’on ne peut dompter. Il s’engouffre dans les voiles des bateaux et fait chanter les gréements. Une mouette, ailes déployées, immobile, plane à l’horizon poussée par la puissance des alizées.
Vive le vent qui soulève la jupe des filles et vient frôler la peau. Vent coquin, vent marin, sirocco, foehn, blizzard, noroit ou suroit, bise légère ou tempête violente. Le vent est multiple, mystérieux. C’est la nature qui vibre et vit. Allez !! bon vent à tous !!……
Daniel
23 septembre 2009
Mon cher ego
Quelle déception !! mais aussi quel travail encore à réaliser. Moi qui ai beaucoup disserté, à propos de l’égo, sur mon blog et qui pensais avoir progressé un peu en ce domaine, me voilà confronté de plein fouet depuis quelques mois à un égo dont je ne soupçonnais pas la puissance.
Plusieurs événements auxquels j’ai du, et ou dois encore, faire face m’ont mis dans des situations réactives où mon égo a éclaté au grand jour : impressions d’être incompris et d’être remis en cause, situations conflictuelles pour trouver ma place, réactions disproportionnées et agressives et j’en passe et des meilleures !! Tout cela sur un fonds de lucidité (je connais bien le sujet) d’autant plus douloureux que je n’arrive pas à me contrôler. Mon mental me joue des tours et met en place des scénarios totalement inappropriés aux situations. Mais que se passe-t-il ? Où est donc le lâcher prise ? C’est presque comme si je me regardais vivre avec toutes ces défaillances.
Bon, il va bien falloir que tout cela s’arrête un peu. C’est certainement une perche tendue pour progresser un peu plus. Il faut bien se rassurer….
Je pense que derrière tout ces processus, il y a les peurs, les peurs qui paralysent, rendent agressifs, tordent le coup à la réalité des faits : peur de l’inconnu, peur des autres. Mon estomac se noue, mon mental réagit et mon égo prend toute la place. Je tangue, je chavire, je m’agrippe et j’essaie de faire face…..
Daniel
15 septembre 2009
une vie réussie( suite)
En écho au texte"Une vie réussie", diffusé le 13/07/2009, Alain nous raconte un peu de son histoire. Il avait 25 ans, c'était un dimanche d'été....
Cela me rappelle une conversation endiablée lors d'un repas dans notre maison familiale de vacances avec nos invités, des amis belges, qui venaient toujours passer quelques jours de en été.
J'avais peut-être 25 ans, je ne sais plus. Il y avait mes parents, nos amis belges, mon oncle et ma tante, mes grands parents maternels, mes deux frères et ma cousine.
Nous étions à table et mangions le traditionnel gigot d'agneau aus petits légumes (haricots verts, petites carottes au jus, petits pois frais et pommes de terre sautées. Ma mère était une excellent cuisinière et lorsque mon Père découpait le gigot, c'était un rituel. Nous le regardions faire en silence, avec respect et considération. C'était le jour du Seigneur, mes parents étaient catholiques pratiquants, mon oncle et mes amis belges athées.
Le jus de gigot de ma mère, c'était un régal. Tout le monde appréciait.
Mon grand frère (non voyant) et moi avions déjà à l'époque des prédispositions pour la spiritualité et nous écoutions nos ainés parler de la réussite dans la vie.
Comme la discussion s'animait dans un sens qui ne me convenait pas, je pris la parole et demandai à tout le monde :
"Mais dites-moi clairement ce qu'est la réussite pour vous ?"
Et à l'unanimité sauf mon frère, la réussite avait un rapport avec les études, la catégorie sociale, le bonheur matériel, l'élévation dans la société et pour finalité, les moyens matériels pour ne pas dire l'"argent".
J'étais offusqué et je me souviens avoir réagi avec virulence devant cette inepsie.
J'ai bien été obligé à un certain moment de donner mes arguments et de définir la réussite d'une vie, qu'ils ont d'ailleurs balayée comme on enlève la poussière au sol ou sur un meuble, à coups de balai ou de torchon.
Je leur ai dit que pour moi, la réussite se trouvait dans le coeur et dans l'amour des autres, simplement.
Je me souviens de leurs sourires amusés. Il faut dire qu'il y avait là des industriels, riches commerçants, concessionnaires mercédès, médecins et j'en passe, tous fils et petits fils de richissimes industriels et de châtelins.
Mon frère et moi étions la quatrième génération et nous avions envie d'autre chose.
Mais j'ai beaucoup de nostalgie en repensant à ces moments-là car j'ai eu la chance inouïe de connaître ces individus qui avaient de grandes qualités par ailleurs.
Notre maison était un endroit merveilleux où il faisait bon vivre et où les invités de tous bords étaient reçus sans aucune distinction, à partir du moment où ils avaient reçu une éducation où les valeurs de travail, de respect d'autrui, de politesse étaient de mise.
Aujourd'hui, une vie réussie reste pour moi une vie où nous avançons pas à pas en essayant de ne pas reproduire nos schémas négatifs qui concourrent à nous stabiliser dans un bonheur/malheur presque incontrôlable. C'est très difficile de changer nos habitudes et de transformer notre esprit. Nous avons tellement d'empreintes qui viennent de si loin qu'elles semblent incrustées à jamais dans nos esprits ordinaires.
Mais je reste toujours convaincu que l'amour altruiste et l'intrépidité avec laquelle nous orientons notre vie dans cette direction et en tentant de s'oublier soi-même le plus possible, que nous pourrons dire que nous sommes sur le chemin de la vérité tout en sachant que ce n'est pas une finalité, juste un chemin de vie.
13 septembre 2009
Une vie réussie ?
"Je ne me demande pas si ma vie est réussie ou non.
Je ne sais pas ce que cela veut dire, une vie réussie.
Comme s'il y avait une recette pour la réussir,
Comme lorsqu'on réussit une mayonnaise.
Chacun vit sa vie en bricolant, en tatonnant.
Un jour on se dit qu'on est heureux,
Vraiment pleinement heureux.
Un autre jour, on est terrassé par un sentiment d'échec, de gâchis.
On ne sait pas où va la vie,
Ce que sera le reste de ma vie.
Mais moi, j'aime ma vie.
J'aime avoir vécu cette vie là.
Ca m'est complètement égal de savoir si elle est réussie ou pas,
Parce que je ne sais pas ce que cela veut dire.
Je ne sais pas qui décide ce qu'est une vie réussie, selon quels critères.
C'est ma vie, c'est tout."
Transmis par PLV
Alain Rémond
Extrait de son livre : Comme une chanson dans la vie, écrit en 2003
05 septembre 2009
Question de relativité
C’était au mois d’août. J’étais avec ma femme et mes trois petits enfants dans un village de vacances. Nous venions de dîner et je retournais à l’appartement en tenant la main de mon dernier petits fils, âgé de 4 ans. Nous marchions tranquillement lorsqu’il me dit brusquement
« Toi t’es vieux, Papy » et moi de lui répondre « Et toi t’es comment ? ». Très naturellement et avec aplomb il me répondit « Moi, je suis normal ». Sa réponse m’amusa et me laissa pensif. De quoi méditer quelques instants sur la relativité des choses……

Mon petit fils
Daniel
28 août 2009
Un soir de juin
Ma femme avait invité à diner une amie, une ancienne collègue de travail avec qui nous sommes restés en contact. La soirée était agréable et nous devisions sous le cerisier qui occupe une bonne place du jardin. Le temps était agréable et, en ce mois de juin, la nuit tardait à tomber. La conversation tourna, bien sûr, autour de leur travail et de leur société qu’elles avaient quittée il y a quelque temps. Il se trouve que mon père, décédé aujourd’hui, y avait occupé un poste important et que notre amie avait été sa secrétaire pendant plusieurs années. Pour la compréhension de la suite, je me dois de parler des relations particulières que j’ai entretenues avec lui. Je n’ai jamais senti mon père présent à mes côtés et il ne sait pas beaucoup occupé de moi. Peu de jeux ou de sorties ensemble. Il faut dire que ma mère était omniprésente. Alors j’ai l’impression que toute ma vie, je suis passé à côté de lui. Chacun est resté sur ses positions et j’en ai forcément souffert. Il pouvait être dur parfois .
Donc notre amie se mit à parler de mon père avec tendresse et affection, disant qu’il avait été très gentil avec elle, à l’écoute et qu’il l’avait beaucoup aidé dans les périodes délicates de sa vie, presque comme un père.
J’écoutais et découvrais un homme sous un jour nouveau, attentif, à l’écoute, loin de ma perception à moi. Finalement je me suis senti assez content et rassuré de ce que j’entendais. Il pouvait donc être autrement, chaleureux et gentil.
Le soir avant de m’endormir une grande question me tarauda « Pourquoi s’était-il comporté comme cela avec moi ? »
Daniel













