desjardinsL’événement est passé assez inaperçu, du moins pour moi, peut être aussi parce qu’il est survenu en plein mois d’août. Je veux parler de la mort d’Arnaud Desjardins, à l’âge de 86 ans. Il fut l’une des grandes figures des spiritualités orientales qu’il contribua à faire connaître dans le monde occidental. Réalisateur de télévisions, ses films permirent à l’époque de découvrir le bouddhisme tibétain, le soufisme arabe ou les monastères zen du Japon. C’était dans les années 1965. J’étais un jeune homme et c’est grâce à lui si mon intérêt pour la spiritualité s’est éveillé. Je me souviens avoir dévoré ses premiers livres qui sont encore dans ma bibliothèque : Les Chemins de la sagesse et Ashrams, deux livres qui sont encore d’actualité. J’y ai puisé de nombreuses matières à réflexions. Je me souviens aussi de ses conférences à Paris qui attirait un nombreux public. La première eut un succès retentissant, plus de 2600 personnes s’étant déplacées. J’avais eu l’occasion d’assister à la projection de l’un de ses films.

Disciple de Swami Prajnanpad, dont par ailleurs j’ai souvent cité certaines réflexions sur le blog, il fut un auteur prolifique et consacra la deuxième partie de sa vie à animer plusieurs centres d’enseignement qu’il avait créés.
J’appréciais deux choses chez Arnaud Desjardins :  

- Il ne demandait pas à croire aveuglément mais au contraire de  peser chaque enseignement, de les prendre avec un esprit ouvert car ils pouvaient être déconcertants ou choquants, et de les réfléchir, de les tester pour voir s'ils sont vrais. Une fois cela fait on peut alors les prendre pour soi et les pratiquer.

- Il n’était ni sectaire, ni dogmatique et par conséquent ouvert à tous les courants religieux et philosophiques.

Bon vent de l’autre côté du miroir.

Daniel